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Tatouages : la révolution NFT

Tandis que la technologie blockchain a largement bouleversé l’économie numérique, les NFT (Non Fongible Token) débarquent dans l’univers du tatouage. Que sont-ils ? Comment peuvent-ils s’appliquer aux tatouages ? Quelles conséquences pour les professionnels du secteur ?

Le secteur du tatouage : un marché en pleine croissance

Dans le monde occidental, près d’un millenial* sur deux est tatoué. Le secteur du tatouage connaît une croissance fulgurante depuis une dizaine d’années (+150%) et représenterait aujourd’hui 4 milliards de dollars par an.

En France, entre 2010 et 2018, la part de Français tatoués est passée de 10 à 18%. Dans le même temps, le nombre de professionnels a également augmenté et le marché devient très concurrentiel. Certains investissent les réseaux sociaux, comme Instagram, où ils rivalisent d’inventivité pour tenter de se démarquer.

Si, en 2020 et 2021, la crise du Covid-19 a obligé bon nombre de salons de tatouage à fermer leurs portes en raison des contraintes sanitaires, l’irruption des NFT dans le marché mondial du tatouage peut augurer d’une meilleure rémunération pour les tatoueurs. C’est une manière efficace de valoriser leur démarche artistique et de garantir l’originalité de leurs œuvres. Certains tatoueurs célèbres s’organisent d’ailleurs déjà en ce sens.

Un business model revisité

Dans l’univers du tatouage, les professionnels sont souvent payés à l’heure. Le tatoueur et le client conviennent d’un rendez-vous et le premier sera rémunéré par le deuxième pour le temps passé à réaliser le tatouage. L’artiste gagne alors de l’argent sur la conception à proprement parler, et non sur la spécificité artistique de son dessin.

La première tatoueuse a voir investi le champ des NFT est Eva Edelstein, une artiste française suivie par 60 000 personnes sur Instagram. En juin 2021, elle a rendu disponible une planche de trois tatouages sur Rarible, une plateforme qui répertorie des NFT.

Eva Edelstein voit cette évolution comme un moyen de « promouvoir [le tatouage] et de l’ouvrir à plus de monde tout en encadrant son originalité ». Les clients peuvent acheter un tatouage et décider de se faire tatouer plus tard, par une autre personne, ou de ne pas se faire tatouer du tout !

L’artiste française touchera 15 % de royalties sur chaque revente, un moyen de lutter efficacement contre l’exploitation de ses œuvres sans son accord.

De la même manière, Scott Campbell, le tatoueur des stars hollywoodiennes, a lancé la plateforme All Our Best pour vendre ses dessins et ceux d’autres tatoueurs célèbres (Dr. Woo, Mister Cartoon, Grimer, etc.) sous la forme de NFT. 

Même chose pour Rare Ink et la marketplace Ethernaal, qui propose des catalogues de tatouages éphémères (flash tatoos) pouvant être acquis sous forme de NFT.

Une protection de l’œuvre originale

Dans le monde entier, il existe une communauté de collectionneurs de tatouages. Avec le marché des NFTats (NFT tatoos), les clients achèteront les droits exclusifs de la conception du tatouage plutôt que le tatouage lui-même.

Comme l’art du tatouage est l’objet de nombreuses contrefaçons, les NFT concourent aussi à protéger les artistes contre la réplication illégale de leurs œuvres. L’aspect non fongible d’un tatouage garantit l’authenticité de l’œuvre et indique qu’ils ne pourront pas être répliqué. D’une certaine manière, il s’agit de droits d’auteur.

Les NFT constituent donc une tendance à ne pas négliger. Quant à savoir s’ils font l’objet d’une mode passagère ou s’ils révolutionneront l’économie numérique, il est impossible (ou presque) de se prononcer pour l’instant. Reste que leur succès actuel peut laisser présager d’un recours accru aux titres de propriété d’œuvres numériques dans les années à venir.

* personnes nées entre le début des années 1980 et la fin des années 1990

La transformation du monde du tatouage grâce aux NFT